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Al-Qaïda – USA : L’assassinat d’Ayman al-Zawahiri est un coup dur pour les talibans

By Imirasire On:5 August
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Lors d’une frappe de drone, les États-Unis ont tué le chef d’Al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, âgé de 71 ans, dans un refuge de Kaboul où il aurait séjourné avec sa famille pendant plusieurs mois.

Ayman al-Zawahiri tué dans un bombardement d’un drone américain à Kaboul
L’élimination d’al-Zawahiri, l’un des principaux comploteurs des attentats du 11 septembre, est un gain significatif pour les États-Unis qui avaient besoin d’une victoire majeure dans leur opération antiterroriste mondiale depuis leur retrait mal exécuté d’Afghanistan.

Dans le même temps, c’est un revers massif pour al-Qaïda qui souffre depuis longtemps de problèmes financiers, d’un commandement et d’un contrôle limités, de luttes intestines et de l’absence de refuge géographique.

L’assassinat, cependant, sera peut-être le plus important pour les talibans, car il obligera les dirigeants du groupe à réévaluer leurs relations avec les États-Unis et al-Qaïda, ainsi que leurs aspirations à une reconnaissance internationale.
Les talibans entre le marteau et l’enclume

Al-Zawahiri, qui a pris la direction d’Al-Qaïda en 2011 après l’assassinat de son fondateur Oussama ben Laden à Abbottabad, au Pakistan, était un dirigeant peu charismatique mais compétent.

Il a dirigé Al-Qaïda pendant des périodes agitées et a réussi à maintenir sa marque en vie malgré diverses frappes de drones américains éliminant ses principaux dirigeants et sa branche irakienne se séparant pour former ISIL (ISIS) en 2014.

Avant l’assassinat, al-Qaïda connaissait un renouveau lent mais régulier, en grande partie grâce au retour au pouvoir des talibans en Afghanistan. Le groupe a célébré la victoire des talibans comme si c’était la sienne.

Depuis la prise de pouvoir, al-Zawahiri avait diffusé des vidéos de propagande beaucoup plus fréquemment, démontrant sa confiance croissante. Un récent rapport des Nations Unies a confirmé que le groupe jouit d’une "plus grande liberté en Afghanistan sous le régime des talibans" et a indiqué que certains de ses membres pourraient même conseiller le régime de facto.

Osama Bin Laden assassiné à Abbottabad au Pakistan
Le meurtre d’al-Zawahiri dans une maison sécurisée d’un quartier huppé de Kaboul, à seulement 1,5 kilomètre (3,1 miles) du palais présidentiel, a effacé tous les doutes restants quant à la poursuite du partenariat entre les talibans et al-Qaïda.

L’assassinat a fourni la preuve indéniable qu’en violation flagrante de l’accord de Doha de 2020 - qui subordonnait le retrait de l’OTAN d’Afghanistan aux assurances des talibans que l’Afghanistan ne servirait pas de refuge à al-Qaïda sous son règne - les talibans n’étaient pas seulement alliés à al-Qaïda, mais il abritait aussi son chef.

L’assassinat a laissé les talibans dans une position difficile sur deux fronts.
D’une part, cela a probablement fait perdre à Washington toute confiance qui lui restait dans le régime taliban et a anéanti ses chances d’obtenir une reconnaissance internationale dans un avenir proche.

En effet, après la révélation que le chef d’Al-Qaïda, qui a aidé à organiser les attentats du 11 septembre, a été autorisé à vivre à Kaboul, aucun pays ne croira que les talibans s’efforcent d’empêcher l’Afghanistan de devenir un refuge pour les groupes terroristes.

D’un autre côté, l’assassinat a probablement endommagé les liens des talibans avec al-Qaïda de manière irréparable. Jusqu’au meurtre d’al-Zawahiri, la relation entre les deux groupes était basée sur la confiance.

Après le 11 septembre, par exemple, le fondateur des talibans, le mollah Omar, a choisi de faire face à une invasion et de perdre le pouvoir plutôt que de livrer Oussama ben Laden aux États-Unis.

On disait que Al-Qaïda est une fabrication des USA pour chasser les Russes en Afghanistan à l’époque des soviets, mais le temps change, il est contre les intérêts américains de par le monde !
Après le meurtre d’al-Zawahiri, al-Qaïda aura sans aucun doute du mal à faire confiance aux talibans. Certains membres verront l’assassinat comme un signe des alliances changeantes des talibans, tandis que d’autres le verront comme une conséquence de l’incompétence croissante du groupe.

Quoi qu’il en soit, les dirigeants talibans auront probablement du mal à expliquer ce qui s’est passé et pourquoi cela est arrivé à leurs alliés d’Al-Qaïda.
En plus de ruiner ses relations avec les États-Unis et al-Qaïda, l’assassinat d’al-Zawahiri nuira également aux talibans de l’intérieur.

Le meurtre intensifiera la rivalité intra-talibane entre les pragmatiques qui voulaient éloigner le groupe d’Al-Qaïda et d’autres groupes extrémistes comme le réseau Haqqani, et les idéologues qui ont insisté pour continuer à héberger et à soutenir des groupes terroristes.

La fin d’al-Qaïda ?

Après la mort d’Oussama ben Laden, l’assassinat d’al-Zawahiri est le deuxième coup le plus important porté à al-Qaïda et le groupe ne pourra peut-être pas s’en remettre.
Pour l’instant, les deux candidats les plus susceptibles de devenir le prochain chef d’al-Qaïda sont le député égyptien d’al-Zawahiri, Saif al-Adel et son gendre d’origine marocaine et chef des opérations médiatiques Abd al-Rehman al-Maghribi.

Les deux hommes vivent actuellement en Iran, et après l’assassinat en novembre 2020 du numéro deux d’Al-Qaïda, Abu Muhammad al-Masri, à Téhéran par les forces israéliennes, il est peu probable qu’ils se sentent suffisamment en sécurité pour occuper le poste le plus élevé en Iran.

Cependant, après l’assassinat d’al-Zawahiri à Kaboul - et la perte de confiance qui en a résulté entre les talibans et al-Qaïda - ils ne se sentiront probablement pas non plus en sécurité à la tête de l’organisation depuis l’Afghanistan.

En raison de ce manque de refuge géographique dans le Moyen-Orient élargi, la direction du groupe devra peut-être passer à o l’une des franchises abris d’Al-Qaïda les plus sûres ailleurs dans le monde. Actuellement, le groupe somalien al-Shabab, dirigé par Ahmed Diriye, est la franchise d’al-Qaïda la plus puissante et la plus ingénieuse au monde.

Mais Diriye, un non-Arabe, assumant la position de leader peut irriter les membres en Syrie, au Yémen, au Pakistan et au-delà, ouvrant la voie à la désintégration du réseau. En conséquence, malgré sa personnalité peu inspirante, al-Qaïda pourrait avoir du mal à remplacer al-Zawahiri.

Le terrorisme jihadiste n’a pas épargné aucun continent, surtout l’Afrique et le Moyen-Orient, où il a fait le plus de victimes, les Américains se sont vengés pour leurs tours jumelles qui se sont effondrées.
De plus, au moment même où il perd non seulement son chef mais aussi son refuge dans l’Afghanistan dirigé par les talibans, al-Qaïda fait également face à une résurgence de l’Etat Islamique en Afrique qui menace son avenir.

Après la disparition d’Al-Zawahiri, tous les signes indiquent que la fin du groupe terroriste qu’il a dirigé pendant une décennie est également proche.

Cela pourrait aussi porter un coup dur aux talibans, et forcer le groupe à repenser ses alliances avec les durs à un moment où il cherche une reconnaissance internationale.
Couplé au déclin général de l’ISIS et à l’élimination de son chef, Abu Ibrahim al-Qurayshi, en Syrie en février, tout cela souligne que les réseaux terroristes transnationaux ont dépassé leur apogée.

Néanmoins, la menace du terrorisme transnational est loin d’être écartée et nécessiterait une vigilance, une surveillance continue, au fur et à mesure aussi loin dans les espaces non gouvernés, ou des gouvernents chaotiques et incrollables.

Propos d’un analyste de la politique internationale

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Izindi Nkuru Wasoma